ARCHITECTES


2ème Prix - Restauration de la Collégiale

C’est à travers sa forme spatiale que l’architecture chrétienne s’est longtemps définie. La typologie des églises, cathédrales ou abbatiales, avec nef, transept et chœur, reprenait en plan le dessin de la croix du Christ. Le symbolique, inhérent à l’architecture religieuse, trouve alors refuge et jusqu’à aujourd’hui encore, dans la gestion de la lumière, dans sa spectacularisation athée mais néanmoins mystique.
Il y a quelque chose de l’infini dans les pas que l’on multiplie sous ces arches, la Collégiale réussit à nous offrir le sublime de l’espace et du lieu par sa géométrie, par sa lumière. Nous sommes en présence d’une architecture qu’il faut sentir, lentement, ne pas hésiter à attendre quelques instants pour que la rencontre puisse avoir lieu. Puis écouter et regarder, se rendre disponible à sa subtilité et à sa délicatesse. A la vue comme au toucher. La puissance est l’attente : cette architecture est une architecture de l’attente.
Se confronter à une architecture aussi prestigieuse que celle de La Collégiale est une opportunité très rare dans le parcours d’un architecte. Nous pensons que tant l’étude que le travail sur ce joyau architectural – qui a su perdurer et traverser le temps – peuvent nous entraîner dans l’invention et le renouvellement, dans tous les cas à un enrichissement de notre recherche architecturale et architectonique.
Comme il est énoncé dans la Charte Internationale sur la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites ( Charte de Venise 1964) : … les œuvres monumentales des peuples demeurent dans la vie présente le témoignage vivant de leurs traditions séculaires. L’Humanité, qui prend chaque jour conscience de l’unité des valeurs humaines, les considère comme un patrimoine commun, et, vis-à-vis des générations futures, se reconnaît solidairement responsable de leur sauvegarde. … La conservation et la restauration des monuments visent à sauvegarder tout autant l’œuvre d’art que le témoin d’histoire.
L’archivage des divers éléments constituant la Collégiale ainsi que la transmission de ce patrimoine – à travers la pratique - aux futures générations revêt un enjeu fondamental. Nous sommes à la découverte des codes et grammaires de cette architecture pour en appréhender ses cohérences internes, décrypter son code majeur pour en comprendre sa substance, son essence et parfois même ses contradictions.
Notre groupement, composé de personnes, dont certaines ont développé leur compétence dans la restauration de monuments historiques et d’autre dans l’architecture contemporaine, y compris dans l’expérimentation, pourrait donner vie à une constellation intéressante alliant conservation et innovation.
Nous considérons la conservation et la restauration comme une discipline faisant appel à toutes les sciences et techniques disponibles en parallèle desquelles la poétique règne. Il s’agira pour nous d’explorer les règles en place, les divers systèmes constructifs, les solutions techniques, les relations de l’édifice à son environnement (la ville), l’ornementation, la symbolique de l’œuvre. La transmission du patrimoine continue …

procédure : concours, 2ème prix
coût de construction : 2 Mio
planning : 2003
maître d’ouvrage : Ville de Neuchâtel
en collaboration avec : kury stähelin architectes SA
team : Michel Egger, Eric Ott, Salvatore Chillari